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Témoignage d'Auschwitz

La Shoah au jour le jour

Créé le 20.01.11
Témoignage d'Auschwitz
Mercredi 26 janvier à 20 h 40
A la télé cette semaine
Auschwitz, premiers témoignages

Trois hommes et une femme, qui ont été déportés à Auschwitz, témoignent sur le quotidien du camp, depuis le trajet jusqu’aux premiers jours. Un document aussi épuré qu’efficace à ne pas manquer.

Les témoignages de ces quatre survivants ont été recueillis juste à la fin de la guerre, en 1945. C’est ce qui leur donne toute cette force émotionnelle. Sur le quai d’arrivée à Auschwitz, deux groupes : soit à droite, soit à gauche. « On m’a changé de file au dernier moment, se souvient le Dr Mark Klein, je ne savais pas encore que je venais d’échapper à la mort. » « Le camp paraît immense, effrayant, glacial », précise Suzanne Birnbaum. En fait, il y a plusieurs camps et les docteurs Mark Klein, Robert Levy et Robert Waitz sont respectivement détachés dans les infirmeries d’Auschwitz I (camp central), Auschwitz II Birkenau et Auschwitz III (le camp de ­travail à l’usine). « Dès notre arrivée, on nous a dit : vous êtes tous des condamnés à mort avec sursis », dit Robert Waitz. Le témoignage le plus bouleversant est celui de Suzanne Birnbaum, dans le camp des femmes de Birkenau. « On était réveillées à 4 h 30, debout dans le froid, il y avait de quoi mourir sur place. Puis on partait pour une journée de travail dans les marais. Seize heures sans s’asseoir une minute, sans se reposer un seul instant. De retour au bloc, on nous donnait une gamelle d’un liquide grisâtre pour cinq femmes, sans cuillère. La nuit, des rats énormes se promenaient sur nos têtes. » Les hommes aussi assistent à d’horribles scènes : « Tous les samedis, je voyais arriver des détenus sur lesquels les SS avaient fait des expéri­men­tations », se remémore Robert Levy. « Les détenus ne cessaient de me demander si l’asphyxie par gaz était dou­loureuse », se rappelle Mark Klein. Tous avaient peur des sélections qui pouvaient avoir lieu à n’importe quel moment. « Un jour, environ 1 000 femmes ont été gazées après une sélection. Le soir, on nous a donné leur ra­tion de pain en plus. Nous l’avons mangé car nous avions trop faim. » Que dire de plus ? 

Par Martine Touhet

 

Photo : Frank Leonhardt/dpa/Abaca

 

 

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