La tradition perdure depuis 1931. La descente de Kitzbühel, la fameuse « Streif », organisée sur les pentes du Hahnenkamm, demeure le sommet de la saison de Coupe du monde et un succès là-bas est presque aussi prestigieux qu’un titre mondial. Autant dire que l’Autriche est en ébullition quand arrive la fin janvier et s’émeut quand un skieur d’une autre nationalité, comme l’an dernier le Suisse Didier Cuche, rafle la mise sur son terrain. La pression est maximale pour les membres de l’équipe nationale, et, cette année, c’est Michael Walchhofer qui va concentrer l’essentiel des attentes autrichiennes. Vainqueur de deux des trois premières descentes de la saison, à Lake Louise et Bormio, le vétéran autrichien paraît plus fort que jamais. À 35 ans, il a déjà un palmarès en granit, notamment le globe de cristal de la discipline en 2005, 2006 et 2009, après un titre de champion du monde obtenu en 2003. De plus, il a annoncé qu’il raccrocherait les skis à la fin de l’hiver et cherche donc à produire une dernière saison triomphale. Walchhofer, colosse d’1,92 m aux performances très régulières, connaît par cœur les 3,3 km de la piste de Kitzbühel, ses 863 mètres de dénivelé, et ses pentes qui atteignent jusqu’à 85 %, produisant des sauts de près de 80 m. Il s’est imposé ici en 2006, avant de voir les Suisses Defago et Cuche dominer sur la piste autrichienne. Son principal adversaire cette année risque d’ailleurs une nouvelle fois d’être un champion suisse, Silvan Zurbriggen, qui le suit à la trace au classement général de la Coupe du monde et s’est pour sa part imposé cette année à Val Gardena. Dans ce contexte extrêmement relevé, les skieurs français, notamment Adrien Théaux, Johan Clarey et Guillermo Fayed, tenteront de se frayer une place parmi les quinze premiers, ce qui serait déjà une performance de choix. Il faut prendre son temps avant d’apprivoiser la « Streif ».
Alain Val
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