Un homme, une femme, une île et un assassin. « Signature » est un thriller original en six épisodes. Sami Bouajila, qui y interprète Toman, un tueur en série, risque fort d’en étonner plus d’un.
Cette série est assez atypique. Est-ce cela qui vous a attiré ?
J’ai effectivement envie de sortir des conventions et là, ça tombe très bien. Signature tient plus de l’ordre du conte que du polar.
Votre personnage tue à plusieurs reprises pourtant.
Il ne tue que des gens qui le replongent dans son traumatisme d’enfant. C’est une blessure ouverte ce gars-là. Il a une violence animale. D’ailleurs, Toman déclenche l’intérêt ou la répulsion mais il ne laisse pas indifférent. Il est certes introverti mais pas froid car il ne manque pas de sentiments.
Quels sentiments a-t-il déclenché chez vous ? Est-ce dur de jouer un assassin ?
En jouant, je me disais : « Comment gérer cette violence refoulée ? » Je trouve que, malgré ses crimes, ce personnage a gardé son âme d’enfant et, finalement, tout cela n’est pas contradictoire. De toute façon, je ne juge jamais mes personnages. Cette fois, je joue un assassin mais je n’ai jamais eu pendant le tournage l’impression d’interpréter un assassin. Quand on campe ce genre d’homme, il faut l’assumer, il ne faut pas le casser.
Cette mini-série a été tournée sur l’île de La Réunion. Est-ce un plus pour cette histoire étrange ?
Oui, le fait de se retrouver là-bas avait quelque chose d’aliénant. C’est vraiment une île qui m’a troublé. Elle a un côté sacré, magique et elle est chargée d’histoire.
Avez-vous d’autres rôles aussi forts dans les mois à venir ?
Ah oui, je viens de jouer Omar Raddad pour le film de Roschdy Zem, Omar m’a tuer, qui sort au cinéma le 22 juin. Un rôle éprouvant. J’ai dû perdre dix-huit kilos car il avait fait deux grèves de la faim.
Martine Touhet
Crédit photo : D.R.