Après la victoire face à l’Afrique du Sud, c’est le pilier tricolore Fabien Barcella qui résumait le mieux l’état d’esprit du Club France : « Attention, ce n’est pas parce que nous avons battu les champions du monde qu’il faut se prendre pour les rois du monde. Il ne faut pas s’emballer et rester humbles. » Réflexion bien relayée et perçue dans toutes les lignes. À l’horizon, un autre très gros morceau : les All Blacks. Heureux public du Stade Vélodrome de Marseille pour ce match de prestige. Marc Lièvremont, le sélectionneur, a fustigé ses troupes : « Les Blacks seront revanchards. (N.D.L.R. : la France a gagné 27 à 22 en Nouvelle-Zélande en juin dernier). On est en droit de penser que cette équipe sera très forte et agressive. Il vaut mieux partir de ce postulat pour éviter les mauvaises surprises. Encore une fois, même après les défauts relevés lors des deux tests précédents, la seule chose dont nous sommes certains, c’est du potentiel énorme de notre groupe. » Avec Vincent Clerc (ailier heureux qui a retrouvé toute sa vélocité), Imanol Harinordoquy (de nouveau « assassin » dans ses plaquages) et la ribambelle de jeunes qui poussent au portillon (Benjamin Fall, Antoine Burban, Julien Dupuy ou Morgan Parra…), il y a de quoi avoir confiance. Côté néo-zélandais, pas d’inquiétude après une balade italienne (victoire 20 à 6). « Les Français jouent bien, remarque Graham Henry, l’entraîneur. Physiquement et dans la passion, ils peuvent faire très fort. Heureusement, nous aussi. » Dernier mot pour l’expérimenté Damien Traille : « Il va nous falloir être constants pour travailler sur de bonnes bases, à deux ans de la Coupe du Monde. » Pour tous les Tricolores, c’est un objectif prestigieux, plus que le Tournoi des VI Nations. Quoique… Faut quand même pas faire la fine bouche.
Alain Val
Photo : Henri Zwarc/Cameleon/Abacapress.com