1. Pourquoi la tempête Xynthia a-t-elle surpris autant les autorités, alors que, dès le vendredi 26 février, Météo France émettait un bulletin d’alerte rouge sur quatre départements de l’Ouest ? Tout le monde savait que le vent allait cogner très dur sur le littoral charentais et vendéen.
2. Pourquoi avoir sous-estimé le risque d’inondation, alors que le fort coefficient de marée est prévu depuis des mois dans les almanachs ? Tout le monde savait donc qu’il y aurait conjonction d’un vent violent et d’une très haute marée.
3. Pourquoi, dans ces conditions, les autorités n’ont-elles pas ordonné l’évacuation des zones menacées ? Elles avaient pourtant de 24 à 48 heures d’avance pour ce faire.
4. Pourquoi autant de personnes ont-elles été surprises dans leur sommeil par la brusque montée des eaux sans avoir été prévenues du risque ?
5. Pourquoi les préfectures et les mairies n’ont-elles pas monté un plan d’urgence express au lieu de se renvoyer la balle après le massacre ?
6. Pourquoi plusieurs digues ont-elles cédé si facilement sous l’effet des vagues et du vent ? Trop vétustes, trop fragiles, peu ou pas du tout vérifiées ? Pour quelles raisons ?
7. Pourquoi autant de promoteurs ont-ils obtenu des permis de construire en zones inondables auprès des mairies et avec l’accord des préfectures ? Beaucoup d’argent a été investi. On connaît la suite : le drame, des maisons détruites ou invendables. Qui acceptera de reconnaître sa responsabilité en la matière ?
8. Pourquoi les normes de construction ne sont-elles pas plus sévères et pourquoi les assureurs acceptent-ils encore d’assurer des opérations immobilières aussi hasardeuses ?
S’il n’y a pas de réponses honnêtes apportées à ces interrogations, il y a
fort à parier que de telles catastrophes se produiront à nouveau.
Serge Sebbah
Directeur de la rédaction