Pierre Ménès ne serait pas Pierre Ménès s’il utilisait la langue de bois. Son humour et ses critiques acides sont des merveilles de pureté analytique.
Comment vous sentez-vous dans le fauteuil de Canal + ? – Super bien. Très logiquement, il a fallu une période d’adaptation, non seulement pour moi, mais aussi pour mes complices, Isabelle Moreau et Hervé Mathoux. C’est une harmonie à apprendre pour jouer ensemble et mon style atypique réclamait un petit travail.
En tout cas, avec les téléspectateurs, ça a très vite accroché. – Oui, il paraît que je représente l’esprit Canal (humour et répartie). Au bout de trois mois, c’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire. Je suis quelqu’un de simple : je ne fais pas cette émission pour plaire au milieu du football.
Êtes-vous un critique ou un spécialiste qui appuie là où ça fait mal ? – Un spécialiste d’abord. Pour appuyer là où ça fait mal, il faut savoir de quoi on parle, sinon, il y a longtemps que je me serai fait reprendre de volée sans tendresse. Les seules personnes qui me critiquent s’attaquent à mon physique et disent que gros comme je suis, je n’ai pas à parler de foot. En revanche, personne ne dit que je n’y connais rien et c’est ce qui compte. Et ça fait vingt-cinq ans que je suis dans le métier.
N’êtes-vous pas tenté par les commentaires en direct ? – Si, mais je ne suis pas sûr que mes analyses acides puissent passer en direct.
Le niveau de la Ligue 1 en France est-il au niveau des autres championnats ? – Depuis quelques années, ça s’améliore. Je constate aussi que de grands clubs européens sont ruinés et que les clubs français ne s’en sortent pas trop mal, grâce à leur sagesse. C’est une bagarre hors terrain.
L’équipe de France en Afrique du Sud ? – Un soulagement ! Maintenant, tout dépend du tirage au sort (le 4 décembre) pour savoir à quelle sauce on va être mangés. En revanche, il y a pas mal de boulot en défense centrale et les transmissions entre le milieu et l’attaque. Si les solutions sont trouvées, les Bleus peuvent faire quelque chose de bien : minimum les quarts. Plus loin, ce serait la cerise sur le gâteau.
Alain Val
Photo : Manuel Blondeau/Cameleon/ABACAPRESS.COM