Vous consacrez votre émission cette semaine à la Rafle du Vel’ d’Hiv’, à l’occasion de la sortie du film La Rafle. Dans quel but ? – C’est aux spécialistes de dire si le film est réussi ou pas, en tout cas, il montre bien comment 15 000 Juifs, hommes, femmes et enfants, ont été déportés mais aussi comment des milliers d’autres ont été sauvés par de petits gestes de tel ou tel Français. Comme le concept de notre émission est de permettre à des jeunes de réagir, la chaîne nous a demandé – et j’ai bien évidemment accepté – de faire une émission spéciale. Nous recevrons entre autres Roselyne Bosch, scénariste et réalisatrice du film, l’actrice Mélanie Laurent et Serge Klarsfeld, qui a été consultant sur le film.
Au milieu des jeunes, vous semblez dans votre élément. Votre émission a-t-elle une vocation pédagogique ? – Je le revendique. J’ai été enseignant pendant longtemps, j’ai envie de transmettre. Le luxe, c’est que, maintenant, je le fais avec la télévision. Nous allons dans des lycées, mais pas forcément dans ceux des centres-villes, ce serait trop facile. Attention malgré tout à ne pas tomber dans « la discrimination » à l’envers. La fois dernière, nous étions à Alfortville dans un énorme établissement avec plein d’ados timides qui nous ont avoué avoir lu pour la première fois un livre entier rien que pour préparer l’émission…
Au Field de la nuit va de record en record d’audience : plus de 600 000 téléspectateurs à une heure si tardive…
Comment l’expliquer ? – C’est la présence de ces jeunes gens qui rend l’émission intéressante. Nous sortons de la confrontation traditionnelle entre un animateur et un auteur. Ce n’est pas une émission pluriculturelle comme je le faisais dans
Le Cercle de minuit. Mais j’ai voulu décloisonner le genre : je m’intéresse à l’écrit sous toutes ses formes !
Par Frédéric Jarreau
Photo : Nicolas Gouhier/ABACAPRESS.COM