Les produits enrichis en phytostérols (qui sont des composés végétaux) se multiplient dans les rayons des supermarchés. Mais ces alicaments tiennent-ils leurs promesses ?
Parce qu’il favorise les maladies cardio-vasculaires, il est essentiel de maîtriser son cholestérol. Inutile pour autant de s’obliger à un régime strict qu’il sera difficile de tenir sur du long terme. Quand on a un taux de « mauvais » cholestérol (LDL) et de cholestérol total trop élevés, mieux vaut changer progressivement ses habitudes alimentaires et faire la part belle aux produits qui préservent les artères, en complément d’une activité physique régulière et de la prise éventuelle d’un traitement.
Quels aliments privilégier ?
Certains aliments naturellement riches en composés (pectines, antioxydants, bêta glucane, phytostérols…) vont permettre de limiter l’absorption du mauvais cholestérol tout en augmentant le « bon » (HDL). Les noix, l’huile d’olive et de colza, le maquereau, les sardines, les graines de lin sont connus pour avoir ce pouvoir. L’ail, l’avoine, la pomme, les lentilles et le soja ont eux aussi des propriétés anticholestérol. Une liste qui permet de varier ses menus.
Quels alicaments choisir en complément ?
On peut depuis quelques années ajouter à la précédente liste les yaourts, le lait, la margarine et les sauces pour salades. Mais attention, pas n’importe lesquels ! Uniquement ceux enrichis en phytostérols (ou phytostanols). L’intérêt de ces composés végétaux a été prouvé : en bloquant son absorption au niveau de la paroi digestive, ils piègent le cholestérol qui ne passe plus dans le sang mais dans les selles. D’ailleurs, en juillet dernier, les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ont autorisé les produits affichant un taux de 5 à 15 % de phytostérols à porter la mention
« anticholestérol ». Mais attention, ils n’ont d’intérêt qu’en cas de cholestérol élevé avéré, inutile d’en prendre de manière préventive. De même, il ne sert à rien de dépasser les doses conseillées. Si le taux de « mauvais » cholestérol baisse de 10 à 15 % en consommant 1,5 à 3 g de phytostérols par jour, soit par exemple un yaourt et une tartine de margarine enrichis, dépasser ces quantités n’améliorera pas les résultats.
Prenez conseil auprès de votre médecin
Autre paramètre important à prendre en compte : ces alicaments diminuent l’absorption du bêta-carotène. Voilà pourquoi on les déconseille aux femmes enceintes et aux jeunes enfants. Et que l’on recommande aux consommateurs réguliers de compenser d’éventuelles carences en mangeant davantage de fruits et de légumes. Dans tous les cas, si vous voulez profiter au mieux de leurs bienfaits, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin traitant. nЀ
À LIRE
• Le Cholestérol en questions des docteurs Jean-Michel Borys et Michel Cymes, Éditions Jacob-Duvernet, 7,50 €
• Cuisine anticholestérol,
Éditions Marabout, 6,95 €
Par Coline Aubin
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