mardi 07 février 2012 10:44
Recherchez une émission :
A la télé cette semaine
...........................
Sport
...........................
Enfants
...........................
Magazine
Accueil / Editorial

Le poison des préjugés

Créé le 23.02.10

S’il y a une chose dont la télévision, comme la politique, doit se méfier, c’est des préjugés et des idées toutes faites. À force de vouloir communiquer efficacement, on schématise les représentations que l’on se fait de telle ou telle catégorie de la population, triée selon un critère de sexe, d’âge ou d’origine. En ce sens, les bavures verbales de tel ministre ou homme politique expriment des préjugés qu’ils veulent faire passer pour des opinions « naturelles ». Dans sa Théorie des opinions, le philosophe Jean Stoetzel établit que l’effet des stéréotypes réside dans le fait qu’ils sont, tels des slogans, assimilables par tout individu. Une enquête réalisée aux États-Unis (relatée par le site psychoweb) consistait à montrer à des personnes l’image d’un Noir et d’un Blanc, ce dernier tenant à la main un rasoir. Lorsqu’ils eurent à décrire l’image, les observateurs blancs pensaient que c’était le Noir qui portait le rasoir, en fonction d’un préjugé archaïque. Le penseur Walter Lippmann a
expliqué le caractère schématique des opinions qui agitent le public. Il y voit le résultat d’un principe d’économie, selon lequel l’individu pense par stéréotype pour éviter de réfléchir à la complexité du réel. Et il conclut : « On nous a parlé du monde avant de nous le laisser voir. Nous l’imaginons avant de l’expérimenter. Et ces préjugés commandent le processus de la perception. » Son livre, Le Public fantôme, est une vraie cure de désintoxication en matière de réflexion télévisuelle, sociale et politique.

Serge Sebbah
Directeur de la rédaction

( haut de page )
En vente a la caisse de votre supermarché