D’accord, il n’est pas vraiment sympathique Ebenezer Scrooge et, en plus, il déteste Noël. Mais n’a-t-il pas droit à une dernière chance ? Et s’il ne demandait qu’un peu d’amour ?
Solitaire, insensible, riche mais avare, Scrooge ne montre jamais la moindre émotion et il fait peur aux petits enfants. Avouez que vous n’avez aucune envie de le rencontrer. Ne vous fiez pas aux apparences, ce vieux monsieur mérite pourtant qu’on s’y attache un peu. « Scrooge n’aime pas vraiment sa vie, estime Jim Carrey. Il s’est enfermé dans sa cage confortable pour éviter de voir des gens. Il est persuadé de ne jamais avoir été aimé. Dans ce cas, pourquoi l’amour existerait-il pour les autres ? » Mais on a tous un jour le droit de se racheter, qui plus est en pleines fêtes de Noël. C’est précisément l’idée de rédemption qui ressort de ce très joli conte adapté d’une nouvelle de Charles Dickens, Un chant de Noël. Trois fantômes vont aider Scrooge à changer : l’Esprit des Noëls passés, l’Esprit du Noël présent et l’Esprit des Noëls à venir. À la fin d’un terrifiant voyage, le vieux Scrooge va se réveiller transformé, joyeux et les enfants oseront enfin s’en approcher. « J’ai découvert cette histoire lorsque j’étais enfant et elle m’a fasciné, confie Robert Zemeckis, le réalisateur. Elle était à la fois fantastique et très humaine, un peu sombre et porteuse de beaucoup d’espoirs. » La morale de cette histoire ? Laissons-la à Ebenezer Scrooge : « Regardez-moi les enfants. Il n’est jamais trop tard pour changer et devenir quelqu’un de bien, aimé de tous. Je vous souhaite à tous un bon Noël. »
Sept personnages pour un seul acteur
L’originalité de cette adaptation, c’est principalement la technique utilisée : la 3D relief d’abord mais surtout le performance capture. Un mélange intelligent du talent humain et de la technologie. Bien sûr, vous n’allez pas le reconnaître mais c’est pourtant bien Jim Carrey qui interprète Scrooge aux divers âges de sa vie, ainsi que les trois esprits de Noël. Pas moins de sept rôles. « C’était physiquement difficile, explique l’acteur. Avec un côté magique. J’ai adoré lorsque mes doigts se sont transformés en longues choses filiformes. C’était génial, j’étais comme un marionnettiste. » Il s’est identifié au personnage au-delà de toutes les espérances. « C’est incroyable ! Quand j’ai vu le film, j’avais l’impression de me voir dans le futur. Scrooge, c’est un peu moi, après la visite des Esprits bien sûr », dit Jim Carrey en riant.
Notre avis : une fable classique revue et corrigée par la technique de la Performance Capture. Du coup, les images sont grandioses avec notamment la reconstitution virtuelle du vieux Londres. Aucune mièvrerie dans l’histoire, juste de quoi fasciner les plus jeunes et émerveiller les parents. Superbe !
Par Martine Touhet