Rassurez-vous, l’époque où les kinés tapaient énergiquement dans le dos des tout-petits pour dégager leurs bronches est bel et bien révolue. Les techniques actuelles ont gagné en douceur.
Pour traiter une bronchiolite, pas ou peu de médicaments : la prescription de mucolytiques pour fluidifier les sécrétions, d’antibiotiques pour lutter contre une éventuelle surinfection ou encore d’anti-inflammatoires ne se fait qu’au cas par cas. Les séances chez le kinésithérapeute sont par contre incontournables. Elles suivent toujours le même schéma. Dans un premier temps, le spécialiste exerce une pression sur la cage thoracique du bébé quand ce dernier est en phase expiratoire pour faire remonter les sécrétions dans sa trachée. Puis il déclenche un réflexe de toux et aide le petit malade à les cracher dans un mouchoir. Ces gestes, il va les répéter plusieurs fois de suite, jusqu’à ce que les derniers crachats soient bien clairs, signe que les bronches sont désencombrées. C’est très efficace mais cette technique dite « d’augmentation du flux respiratoire » continue à susciter craintes et interrogations chez les jeunes parents.
Pourquoi en faire tous les jours ?
Au plus fort de la maladie, si on veut l’enrayer rapidement, l’enfant doit pouvoir bénéficier d’une séance quotidienne. D’ailleurs, les kinésithérapeutes assurent des gardes le week-end et les jours fériés (www.reseau-bronchio.org). En fin de traitement – il faut compter entre trois et une dizaine de séances suivant l’importance de l’encombrement –, elles pourront être un peu plus espacées. Réussir à caler un rendez-vous d’une vingtaine de minutes chaque jour dans un emploi du temps déjà serré relève parfois d’un véritable tour de force. Surtout si on veut faire coïncider la séance avec les heures de repas de bébé, ceux-ci devant avoir lieu à au moins deux heures de distance sous peine de renvois. Mais ne vous inquiétez pas, les kinésithérapeutes sont habitués à composer avec de tels impératifs.
Est-ce douloureux ?
Vous êtes impressionnée par les gestes du kinésithérapeute et les pleurs de votre enfant ? C’est naturel, surtout la première fois ! Mais, contrairement à ce que pourraient laisser penser ses cris, il n’a absolument pas mal. Ses côtes sont encore extrêmement souples, il ne ressent donc pas la pression que nous-mêmes pourrions ressentir dans la même situation. Et les mouvements du kiné sont très doux, très naturels, ils accompagnent sa respiration. Mais voilà, bébé n’est pas habitué à de telles manipulations. Pour le rassurer, expliquez-lui ce qui va se passer. C’est important, même s’il n’a que quelques mois. Ensuite, faites comme bon vous semble. Certains parents préfèrent rester dans la salle d’attente, d’autres tenir la main de leur enfant ou lui caresser les cheveux en lui murmurant quelques mots. À la fin de la séance, vous récupérerez votre petit bout épuisé par tant d’efforts mais visiblement soulagé de pouvoir respirer à nouveau normalement.
Coline Aubin
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