Le mélo que nous ont joué les Bleus cette semaine inspire quelques réflexions. On croyait voir la Coupe du monde, on a eu droit à de la téléréalité. Un loft, un hôtel de luxe, des acteurs tous connus, le coach dans le rôle du méchant, amoureux transi de sa femme. Côté scénario, c’est mieux que Plus belle la vie : beaucoup d’argent pour des gamins venus du peuple, de l’adultère et du sexe à gogo pour Franck, le plus croyant d’entre eux. Un beau gosse, Yoann, tellement bien élevé qu’il énerve les bad boys comme Franck ou Nicolas. Plus fort, il y a une histoire de traître qui balance tout à la presse. Il y a un grand journal sportif qui parle d’exemple à donner aux jeunes, sous un titre d’une vulgarité insigne… Qui est la taupe ? Le capitaine dit qu’il la trouvera. Un début de bagarre avec un préparateur, qui nie être la taupe. Un directeur de l’équipe de France qui démissionne en larmes. L’Élysée qui s’en mêle et Roselyne ange gardien qui veut faire cesser le scandale. Et tous ces commentateurs à cent sous de l’heure (erreur, ils sont beaucoup plus chers) qui en profitent pour régler leurs comptes. Clou de l’épisode, le mouvement social. Ces salariés de luxe qui gagnent un SMIC par minute, font grève de l’entraînement ! Sans peur d’une retraite anticipée, car ils sont déjà riches à perpétuité. Avec 5 millions d’euros à se partager s’ils sortent au
premier tour… La Ferme en Afrique, sans Vendetta, mais avec Anelka et des milliers de figurants : la classe !
Une superproduction digne de remporter une statuette bien méritée aux Victoires de la Loose.
SERGE SEBBAH
Directeur de la rédaction
*en Afrique