Même si nos enfants donnent l’impression d’en savoir plus que nous au même âge sur la sexualité, les premières fois sont encore trop souvent synonymes d’imprudences. À nous de faire passer des messages de prévention tout en respectant leur intimité. Quelques clés pour y parvenir…
Finie l’époque où l’on prenait son fils ou sa fille entre quatre yeux pour lui dire : « Viens, j’ai à te parler ». De toute manière, aborder le sujet de but en blanc a peu de chances de fonctionner. Votre ado va se braquer et couper court à la discussion. Si c’est spontané, ça passera mieux. Une scène d’amour dans un film regardé ensemble, un couple d’amoureux dans un parc sont autant d’occasions d’engager la discussion autour du sujet de l’amour et de la sexualité. Mais attention, si le dialogue doit être ouvert et sans tabous, il vous faut absolument rester dans le domaine des généralités. Montrez-vous discret, ne lui posez aucune question directe sur son expérience et, bien entendu, n’évoquez jamais votre propre sexualité. L’essentiel est que votre enfant sache que vous serez là pour répondre à n’importe quelle question et le rassurer en cas d’éventuelles craintes.
Multiplier les sources d’information
Bien sûr, vous vous inquiétez pour sa santé. C’est tout à votre honneur, mais vous n’êtes pas les mieux placés pour fournir pilule ou préservatif. Et même si ça part d’une bonne intention, en glisser une boîte dans son sac la veille d’un week-end chez des copains risque de le dissuader de les utiliser, au nom de sa sacro-sainte liberté. Vous devez par contre lui donner les moyens d’avoir accès à toutes les informations nécessaires en matière de prévention. Rien ne vous empêche, quand vous êtes chez votre gynéco ou votre pharmacien, de prendre une brochure sur les infections sexuellement transmissibles
ou la contraception et de la lui donner en disant simplement : « Tiens, j’ai trouvé ce dépliant intéressant… » Vous pouvez aussi l’abonner à un magazine pour les jeunes, ils abordent régulièrement ces questions. Ou encore lui offrir un livre sur le sujet, en forme de clin d’œil.
Les garçons aussi sont concernés
Les spécialistes sont catégoriques : le meilleur moyen de faire diminuer le taux de grossesses non désirées et d’infections est de faire en sorte que les deux partenaires se sentent impliqués. C’est d’ailleurs le message véhiculé par les dernières campagnes de prévention : se protéger ne doit pas seulement être l’histoire des filles. Généralement, les choses se passent mieux quand les pères en parlent avec leur fils. Mais il arrive que la figure paternelle ne soit pas présente à ce moment-là. Peu importe, l’essentiel est que votre garçon puisse trouver dans son entourage un homme avec qui il se sentira libre d’en parler. Ça peut être son parrain, son grand-père, un cousin ou un de vos amis avec qui il s’est toujours bien entendu…
Par Coline Aubin
• Mouvement français pour le planning familial : 01 48 07 29 10.
• Sida info service : 0 800 840 800 www.sida-info-service.org.
• www.macontraception.fr : un site pour choisir la contraception la mieux adaptée à son mode de vie.
Photo : © auremar - Fotolia.com