Depuis le 11 mars, en 10 jours il y aura eu un séisme (9 sur l'échelle de Richter), un tsunami (allant jusqu'à 23 mètres de hauteur), un accident nucléaire (classé 6 sur 7), un nuage radioactif en tournée mondiale, et une guerre. L'actu donne la chair de poule. Les astrologues évoquent le rôle de la « Super Lune » du 19 mars. La précédente a coïncidé avec le tsunami en Indonésie. Au-delà de cela plusieurs questions se posent :
1. Pourquoi une centrale nucléaire a-t-elle été installée là où il y a eu le plus de tsunamis, au bord de la mer sur la côte nord-est ? Le Japon en a connu 13 depuis 300 ans, ceux-ci avaient frappé les mêmes côtes…
2. Nos centrales sont-elles plus sûres ? Revenons sur l'accident au Blayais, en Gironde, provoqué par la « tempête du siècle » du 27 décembre 1999. Les tranches 1 et 2 de cette centrale ont frisé le scénario catastrophe, l’inondation ayant mis hors d’usage le circuit d’injection de sécurité, qui fait baisser la température du réacteur. Le 28 décembre, le système de refroidissement de la tranche 1 ne tenait plus qu’à 2 pompes. S’il avait lâché, on risquait la fusion du cœur.
3. L'économie du nucléaire est-elle une économie comme une autre ?
Non, car les investissements, lourds, sont souvent publics. La privatisation du nucléaire amène à moins investir sur la sécurité (qui est très chère). TEPCO a fait 40 milliards de bénéfices en 2010, choyé ses actionnaires au lieu de renforcer les systèmes de refroidissement. Le prix du KW nucléaire n’est pas tout, parce qu'en cas d'accident grave, c'est l'État et les citoyens qui règlent la note…
SERGE SEBBAH
Directeur de la rédaction