Les progrès en matière de technologies biomédicales ont parfois des allures de science-fiction et pourtant les résultats sont bel et bien là. Gros plan sur trois avancées très prometteuses.
Un implant oculaire permet à des aveugles de voir à nouveau
Trois patients allemands atteints de rétinite pigmentaire, une maladie génétique débouchant progressivement sur une cécité complète vers 40 ans, sont parvenus à percevoir des formes et des objets grâce à un implant sous-rétinien. Destiné à remplacer les photorécepteurs malades, cette puce contient 1 500 microphotodiodes actives réagissant à la lumière et comportant chacune un amplificateur. Au bout de quelques jours, les patients pouvaient localiser des objets brillants sur un tableau noir. L’un d’entre eux a même été en mesure de décrire correctement des objets qui lui étaient présentés et de discerner des nuances de gris. Vingt-cinq à cinquante autres personnes devraient prochainement bénéficier de cette expérimentation.
On sait ôter la thyroïde sans cicatrice
Jusqu’à présent, l’ablation de la thyroïde impliquait une cicatrice de 8 à 15 cm à la base du cou et pouvait entraîner des complications transitoires ou définitives, notamment une modification de la voix et une baisse du taux de calcium dans le sang. Mais une nouvelle technique, mise au point par un médecin coréen et maintenant disponible en France après avoir fait ses preuves dans de nombreux pays, permet de limiter ces risques : la chirurgie robotique. Une petite incision est pratiquée au niveau de l’aisselle, puis le chirurgien dirige le robot Da Vinci à distance. Les bénéfices ? Ils sont nombreux : le geste gagne en précision, il y a moins de douleurs opératoires, plus de problèmes de déglutition, la durée d’hospitalisation est moindre et la reprise de l’activité professionnelle plus rapide. Seul bémol : cette intervention est contre-indiquée chez les patients obèses ou multi-opérés.
Une imprimante jet d’encre fabrique de la peau
L’expérience n’en est qu’à ses débuts mais les résultats sont déjà spectaculaires. Des chercheurs américains sont parvenus à recréer sur le dos brûlé d’une souris 7 cm2 de peau en ayant recours non pas à une greffe mais à une imprimante 3D. Cette technologie baptisée bioprinting permet de reconstituer un objet, biologique ou non, en le recréant couche par couche via une programmation informatique. Dans ce cas de figure, les scientifiques ont chargé une cartouche d’encre avec une solution contenant des cellules mélangées à du fibrinogène et du collagène. L’autre cartouche a été chargée avec de la thrombine, destinée à servir d’adhésif entre les cellules et les couches successives. Après avoir filmé, grâce à sa caméra incorporée, les contours précis de la plaie et programmé les pulvérisations, l’imprimante a ensuite projeté les différentes cellules. Au bout de trois semaines, le dos de la souris « imprimée » était entièrement recouvert d’une membrane cutanée d’une épaisseur normale et sans signe d’inflammation. Cette expérience va maintenant être élargie afin de voir si ce procédé pourrait être appliqué à l’homme.
Coline Aubin
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