On sait aujourd’hui qu’en prenant certaines précautions, on peut limiter les risques de maladies nosocomiales, éviter les réveils nauséeux ou encore favoriser la cicatrisation.
Six semaines avant
J’arrête de fumer. Les spécialistes sont formels : arrêter la cigarette six semaines avant une opération puis au moins jusqu’à la cicatrisation complète, c’est s’assurer un séjour plus court à l’hôpital (moins 2 à 3 jours en moyenne), un risque divisé par deux d’aller en réanimation et un risque trois fois moins élevé de faire des complications infectieuses ou respiratoires dans les jours qui suivent. Sans oublier une meilleure consolidation des os et une meilleure cicatrisation. Bien entendu, cette phase de sevrage peut s’avérer difficile à vivre, surtout si, au manque de nicotine, vient s’ajouter le stress dû à l’appréhension bien naturelle de l’opération ! C’est pourquoi il est important que vous en parliez à votre médecin traitant ou au médecin anesthésiste, ils pourront vous aider à mener à bien votre sevrage.
La veille
Je mange normalement mais je ne bois pas d’alcool. Sauf cas particulier, par exemple un régime spécifique en vue d’une opération du tube digestif, vous pouvez manger normalement la veille au soir de l’opération mais ne buvez pas d’alcool et ne fumez pas.
Je retire mes bijoux et mon vernis à ongles. Pensez à bien ôter tous vos bijoux ainsi que vos piercings. Enlevez votre vernis à ongles car il pourrait perturber le bon fonctionnement des oxymètres à pouls, ces petits appareils que l’on fixe sur le bout des doigts et qui permettent d’évaluer la bonne oxygénation du sang au cours de l’intervention.
Je prends une douche. C’est généralement l’équipe soignante qui s’en charge mais il peut vous être demandé de vous épiler (jamais au rasoir, ça favorise les petites plaies) et/ou de vous laver soigneusement à la bétadine. Dans tous les cas, veillez à prendre une bonne douche. Ces mesures permettent le limiter le risque d’infections nosocomiales.
Le jour même
Je respecte bien les consignes de jeûne. C’est l’un des meilleurs moyens de limiter les risques de complications au moment de l’anesthésie ainsi que de vomissements au réveil. Il faut respecter un intervalle d’au minimum 2 à 4 heures pour les liquides clairs (eau, thé, café, jus de pommes) et de 6 à 8 heures pour le lait, les jus de fruits ainsi que la nourriture solide. Pour simplifier, on a pris l’habitude de demander aux patients de ne pas prendre de petit déjeuner le jour de l’opération. Attention : la mastication d’un chewing-gum produit autant de salive que l’absorption d’un aliment, ils sont donc eux aussi interdits !
Je ne me maquille pas et j’enlève mes lentilles. Par mesure d’hygiène, oubliez le maquillage et pensez à retirer vos prothèses dentaires et vos lentilles. Le port de prothèses auditives est parfois autorisé afin que vous puissiez communiquer avec l’équipe médicale.
Coline Aubin
Zoom sur… l’entretien avec le médecin anesthésiste
Obligatoire, ce rendez-vous dure entre 15 et 60 minutes. Le médecin va vous questionner sur vos antécédents médicaux, vos traitements en cours (pensez à emporter ordonnances et bilans récents) et vous prescrire un certain nombre d’examens. N’hésitez pas à poser toutes les questions qui vous passent par la tête, en apportant au besoin une petite liste. Plus vous serez bien informé, moins vous serez inquiet le jour J. Dernière précaution : si vous avez des antécédents de vomissements ou de nausées lors d’opérations précédentes ou si vous souffrez du mal des transports, pensez à le lui signaler. On peut aujourd’hui réduire cet effet secondaire gênant au moment du réveil. C.A.
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