Devrons-nous bientôt tous prendre des gouttes de vitamine D, comme le font déjà les bébés et les femmes enceintes ? À l’heure actuelle, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) n’a émis aucune recommandation dans ce sens. Mais l’appel signé par quarante scientifiques en faveur de la promotion de cette vitamine pourrait, comme ils le demandent, amener les autorités sanitaires à établir de nouvelles recommandations en matière d’apports journaliers conseillés.
Les femmes ménopausées concernées en premier
D’après ces spécialistes, une grande partie de la population serait carencée en vitamine D : en France, la vaste étude nutritionnelle SU.VI.MAX a démontré que plus de 70 % des adultes, hommes et femmes, présenteraient un taux insuffisant. Et s’agissant des femmes ménopausées, ce chiffre atteindrait les 90 %. Or les médecins sont tous d’accord sur ce point : le rôle de la vitamine D dans la prévention et la lutte contre l’ostéoporose est essentiel. En augmentant la capacité d'absorption du calcium et du phosphore au niveau de l'intestin, cette vitamine assure en effet une minéralisation optimale des os, mais aussi des cartilages et des dents. Là où les avis divergent encore, certains médecins préférant attendre de nouveaux travaux, c’est que son intérêt ne se limiterait pas à la croissance osseuse. Pour les médecins signataires de l'appel sur la vitamine D, elle protègerait également des infarctus du myocarde et des cancers, notamment ceux du sein et du côlon.
20 minutes de soleil par jour suffisent
Seulement voilà, notre alimentation ne nous apporte qu’une toute petite part de nos besoins en vitamine D. L’essentiel est fourni par notre organisme lui-même, qui la synthétise au niveau de la peau sous l'action des ultraviolets. La vitamine D ainsi fabriquée est ensuite mise en réserve au niveau du foie, du muscle et du tissu gras pour être utilisée à la demande au cours des périodes hivernales. Voilà pourquoi les signataires recommandent de prendre un peu le soleil chaque jour. Inutile de faire des excès, vingt minutes quotidiennes suffisent. Et si on fait partie d’une population exposée aux risques de carences, comme c’est le cas des personnes âgées mais aussi de celles suivant un régime alimentaire spécifique (végétarien, macrobiotique) ou encore ayant une forte pigmentation cutanée, mieux vaut faire un point avec son médecin afin de savoir si l’on a ou non besoin d’une supplémentation.
Les aliments riches en vitamine D
Les poissons de mer gras, saumon, thon, maquereau, sardine, quel que soit leur mode de préparation, apportent des quantités significatives de vitamine D. Viennent ensuite, dans des proportions moindres, les œufs, le beurre, la crème,
les abats, les champignons.
par Bénédicte Flye Sainte-Marie
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