Michael C. Hall, guéri de son cancer, reprend son rôle ambigu et fascinant de justicier-tueur en série. Après la découverte de sa femme assassinée dans sa baignoire, avec son bébé assis dans une mare de sang, Dexter va, plus que jamais, nous tenir en haleine dans cette nouvelle saison.
La saison 4 s’est terminée sur un sacré coup de tonnerre. En retournant sur le plateau, vous êtes-vous demandé jusqu’où vous pouviez aller maintenant ?
J’étais dans le même état d’esprit qu’à la fin des autres saisons. À chaque fois, je me suis posé la question : « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? ». Par contre, je pense que la fin de la quatrième saison était vraiment très spéciale, elle redéfinit carrément le caractère de Dexter. Et cela ouvre énormément de possibilités… Vous allez voir ! (Rires)
Dans quel état émotionnel retrouvons-nous Dexter ?
Son envie de tuer est restée inchangée, attisée même par sa soif insatiable de se venger. Il se débarrasse d’Arthur Mitchell, tout en lui laissant une certaine dignité. Après quoi il se rend compte que l’autre a cruellement charcuté sa femme. Comme il ne peut pas le ressusciter pour le supprimer une nouvelle fois, il lui faut d’autres victimes. Mais la satisfaction ne sera jamais la même. Il faut voir comment il va vivre ça. Attendez-vous quand même à ce qu’il reste aussi fou à lier qu’avant.
Qu’est-ce qui fait, d’après vous, le succès de la série ?
Selon moi, parmi les tueurs en série, Dexter est unique. C’est son code d’honneur qui fait la différence. Jamais les téléspectateurs n’auraient pu développer de la sympathie pour un type qui tue aléatoirement… Pour Dexter, par contre, on se dit : laissons-le faire. Lui au moins, il assume la responsabilité de son côté sombre en tuant des assassins, des mauvais. Comme c’est lui-même qui prend le rôle du narrateur, on a réussi depuis le début de la série à créer un sentiment d’intimité entre Dexter et son public. Personne dans l’entourage du personnage n’est au courant de ce qui se passe dans sa tête. Le téléspectateur, lui, par contre, apprend sa motivation en direct.
Pour vous, était-ce important de retourner au travail si vite après votre chimiothérapie ?
Je suis surtout reconnaissant d’avoir été en état de pouvoir recommencer, c’est sûr. Je me sens bien, la maladie est en rémission complète. Cela fait quatre mois que j’ai terminé le traitement, et je suis en superforme.
Même si la série marche bien en ce moment, elle va se terminer un jour. Quel genre de fin serait le mieux adapté d’après vous ?
C’est la question à un million de dollars ! Tout est possible mais le public mérite une fin soignée qui ne laisse pas trop de questions ouvertes. À vrai dire, je n’ai pas encore envie d’y penser. (Rires)
Susan Wilson
Crédit photo : Lionel Hahn/MCT/ABACAPRESS.COM