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De quoi Mentalist est-il le nom ?

Créé le 24.02.10

L’extraordinaire succès de la série Mentalist, cocktail inédit d’intuition, d’observation et de voyance, étonne ou passionne. Life avait tenté sa chance l’an dernier, mais avec beaucoup moins de réussite. L’approche badine, mâtinée de désinvolture et de raillerie, crée une nouvelle dimension. Patrick Jane multiplie les provocations au mépris des règles de l’enquête policière classique. En un sens, il est pire que Dr House dans sa partie. Tout en clin d’œil, il affirme ouvertement sa filiation avec Columbo. Il conduit une vieille DS, travaille en solitaire et piège son suspect. Faussement nonchalant, c’est une sorte de félin, qui chasse les yeux mi-clos et le sourire aux lèvres. Il cache mal une blessure, l’assassinat des siens par John le Rouge. Depuis ce jour, il souffre en silence mais sourit tout le temps. Le vieil imper de Peter Falk a fait place au costume neuf, le vieux renard a pris le visage d’un beau mec charmeur au sourire ravageur. Certes, nous ne savons pas au début de chaque enquête qui est le coupable, comme dans Columbo. Patrick Jane examine les protagonistes, en tire une déduction, qu’il garde secrète jusqu’à la fin. Sa méthode s’attache plus aux détails et aux comportements : elle ressemble à celle du grand Sherlock Holmes. Son intelligence hypothético-déductive fait mieux que les gadgets high-tech de la police scientifique. De là à imaginer que Mentalist annonce le crépuscule des Experts (en déclin dans les audimats américains) et l’entrée dans un nouvel âge qui consacre le retour en grâce du bon vieux flair et de l’équation personnelle, il n’y a qu’un pas. Il est franchi.


Serge Sebbah
Directeur de la rédaction

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