C’est la grande braderie des vaccins contre la grippe A. La France en brade à qui en veut. Les stocks de Tamiflu® débordent. On se souvient du vent de panique déclenché par le ministère de la Santé et l’OMS l’été dernier. Une cellule de crise permanente alimentait de folles rumeurs, annonçant une épidémie qui ressemblerait à la grippe espagnole. L’état de pandémie mondiale fut même décrété. Et pour quel résultat ! Une grippe bien moins méchante que la grippe saisonnière habituelle. Ici même, il y a quelques mois, dans un éditorial titré Restons zen !, nous étions parmi les rares à expliquer qu’il n’y avait aucune raison de céder à la panique. Mais au-delà de l’absence de nerfs impressionnante des autorités, cette crise sanitaire pose d’autres questions. Le 21 juillet, dans le magazine Der Spiegel, le virologue Tom Jefferson révélait que les experts de l’OMS entretiennent des contacts étroits avec l’industrie pharmaceutique, que beaucoup sont financés par elle. Pourquoi, dans un document, l’OMS n’a-t-elle recommandé qu’une seule fois le lavage des mains et le port du masque contre 24 fois le vaccin et 18 fois les antiviraux ? Tom Jefferson explique qu’il n’a trouvé aucune preuve de l’efficacité du Tamiflu® ou du Relenza® sur le H1N1 ! Il se demande si certains n’ont pas cherché avant tout à obtenir des subventions des labos. Au bilan : angoisse inutile, argent perdu et une grave perte de confiance pour des experts instrumentalisés par un système pervers. Espérons que cela ne démobilisera pas les médecins à la prochaine alerte. Car, à force de crier au loup pour rien, personne ne croit plus au loup le jour où il arrive…
Serge Sebbah
Directeur de la rédaction