Issu du Survivor américain, le programme Koh-Lanta a dix ans. Animée depuis la deuxième saison par l’excellent Denis Brogniart, cette émission fait mentir tous ceux qui annonçaient le déclin de la téléréalité. Car Koh-Lanta est un concept unique, mixant la réal-tv (avec ses querelles, ses alliances, ses éliminations tapageuses), les défis physiques et sportifs (les épreuves sont dures, la faim cruelle) et une évasion (des îles de rêves et des paysages magnifiquement filmés). Mais le plus fort dans Koh-Lanta, c’est son remarquable casting. Des candidats qui représentent la France dans toute sa variété : tous les âges (du jeune à la retraitée en passant par la trentenaire un peu peste ou la quadra paumée), et toutes les origines. Comment ne pas se reconnaître dans ces participants qu’ils soient Vang (jaunes) ou Do (rouges), garçons ou filles ? Le jeu fonctionne parfaitement grâce à la « patte » du très bon médiateur qu’est Denis Brogniart. Comment un tel programme peut-il durer aussi longtemps sans devenir lassant ou obsolète ? D’abord parce qu’on a affaire a de vrais candidats qui en bavent réellement. Ensuite parce que chaque année les situations changent sans que les règles bougent. Enfin, parce que la production est belle, très soignée et très créative. Le nombre des téléspectateurs (qui sont fidèles à ce programme) en apporte la preuve, chaque semaine.
SERGE SEBBAH
Directeur de la rédaction