Les 20 ans d’Arte, c’est une utopie devenue réalité, explique Jérôme Clément, vice-président de la chaîne. Qui eût pensé le 2 octobre 1990, à Berlin, que le projet Arte connaîtrait le succès qui est le sien aujourd’hui ? » Le 30 avril 1990, la France et l’Allemagne signaient un traité de création d’une chaîne culturelle européenne. Sa mission : produire « des émissions ayant un caractère culturel » et « favoriser la compréhension et le rapprochement des peuples en Europe », selon les souhaits d’Helmut Kohl et François Mitterrand. Vingt ans après, Arte a forgé sa différence. Une chaîne unique dans le paysage audiovisuel qui a su produire notamment Buena vista Social Club de Wim Wenders, La Pianiste de Michael Haneke ou Good by Lenin ! de Wolfang Becker. Le vrai succès de la chaîne réside dans le fait qu’elle a su déborder au-delà de son cercle d’intellectuels en allant vers la création artistique et les sujets de société. Arte a rapproché les élites intellectuelles des deux rives du Rhin, en jetant un regard – honnête – sur l’histoire de deux grands peuples devenus amis. Arte va accroître sa présence sur Internet à partir de novembre, a annoncé Gottfried Langenstein, président d’Arte. « Arte Creative », une plate-forme numérique, mettra en contact des artistes (cinéma, photo, vidéo, danse…) et des professionnels. Les meilleurs projets passeront à l’antenne. Arte a signé un partenariat avec YouTube, pour diffuser l’offre de rattrapage de la chaîne. En novembre, une application Arte apparaîtra sur iPhone et iPad. Les grandes heures des 20 ans d’Arte seront à revoir le week-end du 2 et 3 octobre puis chaque jeudi jusqu’au 18 novembre.
SERGE SEBBAH
Directeur de la rédaction