L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de relever son degré d’alerte au niveau maximal, car les déplacements se multiplient à l’occasion des vacances et l’hiver austral favorise la propagation du virus en Amérique du Sud. Y a-t-il des raisons de s’inquiéter ?
Près de trois mois après son apparition au Mexique, la première pandémie du xxie siècle a affecté plus de 77 000 personnes et fait plus de 330 morts dans 120 pays. S’il est difficile de prévoir la façon dont un virus va se comporter, on peut d’ores et déjà faire un point sur les connaissances actuelles.
L’OMS est passée en alerte 6
Le 11 juin dernier, l’OMS a déclenché l’alerte maximale, soit le niveau 6, sur son échelle des risques pandémiques de grippe. Mais attention, cette échelle n’est aucunement liée à un degré de dangerosité ou de virulence du virus. Elle indique simplement que plusieurs continents sont touchés et que les populations sont peu ou pas immunisées contre cette nouvelle souche. Et enclencher le niveau 6 permet de coordonner au mieux les actions nationales et internationales. Comme le rappellent les spécialistes, pour l’instant, la pandémie attendue ne provoque pas une importante mortalité (c’est-à-dire de nombreux décès) mais une grande morbidité, ce qui signifie que beaucoup de gens sont touchés.
On peut voyager cet été
À l’occasion de la conférence internationale sur la grippe A (H1N1), Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, s’est élevée contre les restrictions aux voyages, que ce soit au Mexique ou dans n’importe quel autre pays avec des cas confirmés. Comme elle a tenu à le rappeler, la grande majorité des patients souffrent de symptômes légers et se rétablissent totalement en une semaine, souvent sans traitement médical. Bien entendu, il faut, malgré tout, une fois sur place prendre les précautions adéquates.
Un vaccin pour septembre
Des tests sont encore nécessaires pour savoir s’il sera efficace et sans danger mais les laboratoires espèrent pouvoir commercialiser un vaccin contre la souche H1N1 dès la rentrée. La France va acheter 100 millions de doses pour un montant de 700 millions d’euros. Selon le professeur Sylvie van der Werf, directeur d’une unité de recherches à l’Institut Pasteur, il faudrait vacciner tout le monde, dans les pays riches, comme dans les pays en voie de développement. Mais en attendant, on peut déjà recourir aux outils disponibles pour retarder la propagation du virus : l’hygiène des mains, les antiviraux (Tamiflu® et Relenza®) et les masques.
Coline Aubin