On sait depuis longtemps pour les goudrons. Mais la plupart des fumeurs l’ignorent encore, la fumée qu’ils inhalent contient aussi du mercure, de l’arsenic, des éléments radioactifs… Des substances dont on imagine facilement les conséquences sur l’organisme.
Lors de sa combustion, une cigarette produit une fumée composée d’environ 4 000 substances toxiques dont au moins 50 sont cancérigènes. Du goudron, bien sûr, qui en se collant sur les parois de la bouche, du pharynx et des bronches, est le principal responsable des cancers liés au tabagisme. Du monoxyde de carbone, à l’origine, lui, de l’augmentation très nette des risques cardiovasculaires. Sans oublier de la nicotine qui, si elle n’est pas cancérigène, va rendre le fumeur dépendant. La présence de ces produits est indiquée sur les paquets de cigarette, avec leurs teneurs respectives. Mais d’autres substances, tout aussi toxiques, ne sont mentionnées nulle part.
Une liste à faire frémir
Une campagne menée voici quelques années par la Ligue Nationale contre le Cancer (cf. illustration) et judicieusement intitulée « autopsie d’un tueur » avait permis de détailler la composition exacte d’une cigarette. À l’heure où le gouvernement s’interroge sur la portée dissuasive que pourraient avoir des images chocs sur les paquets, comme cela se fait déjà dans d’autres pays européens (c’est prévu en France d’ici la fin de l’année), il est bon de la remettre en lumière. La simple énumération des substances contenues dans une cigarette permet d’en mesurer l’impact sur la santé. Saviez-vous par exemple qu’on y retrouve plusieurs métaux lourds, dont du cadmium, surtout connu comme composant de base des batteries ? Ou encore du naphtalène,
présent dans les produits antimite ? Sans compter nombre de solvants très irritants pour les bronches, le nez et les yeux. On retrouve même un dérivé de vinyle habituellement utilisé pour fabriquer du plastique et accusé, quand il est inhalé, de provoquer des troubles de la libido.
Les non-fumeurs sont eux aussi touchés
Autant de motivations pour en finir une bonne fois pour toutes avec le tabac ou, du moins, pour renoncer définitivement à fumer à l’intérieur. Car le tabac reste le premier polluant présent dans nos logements. Ses composants s’imprègnent partout, dans les rideaux, les tapis, d’où l’apparition de cancers liés au tabagisme passif même chez les non-fumeurs, et la multiplication des problèmes d’asthme ou d’allergie chez les enfants vivant auprès de fumeurs.
Coline Aubin
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